Démembrement clause bénéficiaire assurance-vie : transmettre intelligemment
Démembrement de la clause bénéficiaire d'assurance-vie : usufruit, nue-propriété, quasi-usufruit, fiscalité CGI 990 I et 757 B, cas concret 300 000 € expliqué.
Démembrement clause bénéficiaire assurance-vie : transmettre intelligemment
L’essentiel en 30 secondes
- Le démembrement de la clause bénéficiaire d’une assurance-vie scinde le capital décès entre un usufruitier (souvent le conjoint) et un ou plusieurs nus-propriétaires (souvent les enfants).
- L’abattement de 152 500 € par bénéficiaire prévu à l’article 990 I du CGI est partagé entre usufruitier et nu-propriétaire au prorata de leurs droits respectifs, ce qui démultiplie la franchise fiscale disponible.
- Le conjoint usufruitier est exonéré depuis la loi TEPA de 2007. Les enfants nus-propriétaires bénéficient à plein de leur quote-part d’abattement.
- Le mécanisme repose sur le quasi-usufruit et la créance de restitution, deux notions civiles complexes qui exigent une rédaction notariée.
- Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil patrimonial personnalisé : avant toute rédaction de clause démembrée, consultez impérativement un notaire ou un Conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant inscrit ORIAS.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’une clause bénéficiaire démembrée ?
- Usufruit et nue-propriété : comment ça fonctionne pour l’assurance-vie
- Quasi-usufruit et créance de restitution : le moteur du démembrement
- Fiscalité du démembrement avant 70 ans (CGI 990 I)
- Fiscalité du démembrement après 70 ans (CGI 757 B)
- Rédiger une clause démembrée : modèle et points de vigilance
- Cas pratique chiffré : protéger le conjoint et transmettre 300 000 €
- Limites, risques et alternatives au démembrement
- Foire aux questions
Qu’est-ce qu’une clause bénéficiaire démembrée ?
La clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie désigne la ou les personnes qui recevront le capital au décès du souscripteur. La désignation est en principe libre, comme le rappelle le portail service-public.fr : on peut nommer son conjoint, ses enfants, un tiers, plusieurs bénéficiaires successifs.
Le démembrement consiste à scinder le bénéfice du capital décès en deux droits distincts :
- l’usufruit, c’est-à-dire le droit d’user et de jouir du capital (le percevoir, le placer, en consommer les revenus) ;
- la nue-propriété, qui correspond au droit de disposer du capital, mais seulement à terme, à l’extinction de l’usufruit (typiquement, au décès de l’usufruitier).
Cette construction trouve son fondement dans le droit civil : l’usufruit est défini à l’article 578 du Code civil comme le droit de jouir des choses dont un autre a la propriété, comme le propriétaire lui-même, mais à la charge d’en conserver la substance. Appliquée à un capital d’assurance-vie, cette logique connaît une particularité : la somme d’argent est un bien consomptible, donc l’usufruit se transforme automatiquement en quasi-usufruit, que nous détaillons plus bas.
Le schéma classique est celui décrit par les Notaires de France : le conjoint est désigné usufruitier du capital, les enfants en sont les nus-propriétaires. Au décès du souscripteur, le conjoint perçoit l’intégralité des fonds (qu’il peut dépenser, placer, ou réinvestir), et les enfants disposent d’une créance équivalente sur sa propre succession future.
Usufruit et nue-propriété : comment ça fonctionne pour l’assurance-vie
Pour bien comprendre le mécanisme, il faut distinguer deux dimensions :
- la dimension économique : qui touche concrètement l’argent au décès du souscripteur ;
- la dimension fiscale : comment l’administration valorise les droits respectifs pour calculer les éventuels prélèvements.
Dimension économique. L’usufruitier reçoit l’intégralité des sommes versées par l’assureur. C’est lui (et lui seul) qui a la maîtrise du capital. Le nu-propriétaire ne reçoit rien au jour du décès du souscripteur : il acquiert un droit de créance qui ne se matérialisera financièrement qu’à l’extinction de l’usufruit, le plus souvent au décès de l’usufruitier.
Dimension fiscale. L’administration fiscale, depuis la loi de finances rectificative de 2011, considère que l’usufruitier et le nu-propriétaire sont tous deux bénéficiaires du contrat. La valeur fiscale des droits de chacun est déterminée selon le barème de l’article 669 du CGI, qui répartit la pleine propriété entre usufruit et nue-propriété en fonction de l’âge de l’usufruitier au jour du fait générateur :
| Âge de l’usufruitier | Valeur de l’usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans révolus | 90 % | 10 % |
| Moins de 31 ans révolus | 80 % | 20 % |
| Moins de 41 ans révolus | 70 % | 30 % |
| Moins de 51 ans révolus | 60 % | 40 % |
| Moins de 61 ans révolus | 50 % | 50 % |
| Moins de 71 ans révolus | 40 % | 60 % |
| Moins de 81 ans révolus | 30 % | 70 % |
| Moins de 91 ans révolus | 20 % | 80 % |
| Plus de 91 ans révolus | 10 % | 90 % |
Source : article 669 du Code général des impôts, barème en vigueur sur impots.gouv.fr.
Conséquence pratique : plus l’usufruitier est âgé, plus la nue-propriété pèse lourd dans la valorisation fiscale, et plus la quote-part d’abattement de 152 500 € qui revient aux enfants est importante.
Quasi-usufruit et créance de restitution : le moteur du démembrement
Le quasi-usufruit est une notion centrale, souvent mal comprise, qui détermine toute l’économie civile et fiscale du dispositif.
Quand un usufruit porte sur un bien qui se consomme par l’usage (somme d’argent, denrées, marchandises), il prend la forme particulière du quasi-usufruit. L’usufruitier devient alors propriétaire des fonds : il peut les utiliser librement, les dépenser, les placer, voire les transmettre. En contrepartie, il (ou sa succession) doit restituer aux nus-propriétaires, à la fin de l’usufruit, une somme équivalente à celle reçue.
Ce mécanisme a deux conséquences majeures :
- Pour l’usufruitier (le conjoint survivant) : une liberté quasi totale d’utilisation des fonds. Il peut financer ses dépenses courantes, réaliser des travaux, voyager, sans avoir à demander quoi que ce soit aux nus-propriétaires.
- Pour les nus-propriétaires (les enfants) : un droit de créance sur la succession de l’usufruitier, équivalent au capital reçu (et idéalement indexé pour préserver son pouvoir d’achat).
C’est cette créance de restitution qui constitue le levier fiscal majeur du démembrement. Au décès du conjoint usufruitier, la créance constitue une dette de la succession, déductible de l’actif successoral pour le calcul des droits dus par les héritiers. Concrètement, si le capital reçu il y a quinze ans valait 300 000 €, les enfants déclarent une créance de 300 000 € qui vient réduire d’autant la masse taxable de la succession du conjoint survivant, comme le rappelle la doctrine notariale publiée sur notaires.fr.
Point de vigilance. Pour être opposable à l’administration, la créance de restitution doit être constatée par écrit, idéalement par un acte notarié dressé peu après le décès du souscripteur. Sans cette formalisation, le risque de requalification ou de contestation est réel, particulièrement dans les familles recomposées.
Fiscalité du démembrement avant 70 ans (CGI 990 I)
C’est sur ce terrain que le démembrement déploie son plein potentiel d’optimisation.
L’article 990 I du CGI prévoit, pour les primes versées avant le 70e anniversaire du souscripteur, un prélèvement spécifique de :
- 20 % sur la fraction taxable comprise entre 152 500 € et 852 500 € par bénéficiaire ;
- 31,25 % au-delà de 852 500 € de fraction taxable par bénéficiaire,
après un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Depuis l’instruction fiscale du 9 mai 2012 (BOI-TCAS-AUT-60), résultant de la loi de finances rectificative pour 2011, chaque bénéficiaire désigné dans une clause démembrée - usufruitier comme nu-propriétaire - bénéficie d’un abattement, calculé au prorata de ses droits selon le barème de l’article 669 du CGI.
Exemple de répartition d’abattement pour un capital de 600 000 €, conjoint usufruitier âgé de 70 ans (donc usufruit valorisé 40 %, nue-propriété 60 %), deux enfants nus-propriétaires :
| Bénéficiaire | Quote-part fiscale | Abattement disponible |
|---|---|---|
| Conjoint usufruitier (70 ans) | 40 % | 152 500 × 40 % = 61 000 € |
| Enfant 1 (nu-propriétaire) | 30 % (60 % / 2) | 152 500 × 30 % = 45 750 € |
| Enfant 2 (nu-propriétaire) | 30 % (60 % / 2) | 152 500 × 30 % = 45 750 € |
| Total abattement | 100 % | 152 500 € (1 part pleine) |
Cette répartition peut sembler décevante (l’abattement total reste de 152 500 € par contrat) mais c’est l’exonération totale du conjoint au titre de la loi TEPA qui change la donne : la part d’abattement non consommée par lui n’est pas “perdue”, elle est de fait transférée vers les enfants dans la mesure où le conjoint usufruitier est exonéré sans plafond, libérant 100 % de l’abattement disponible pour les nus-propriétaires sur la quote-part qui les concerne.
Combiné à la déductibilité ultérieure de la créance de restitution sur la succession du conjoint, on obtient une double économie fiscale que ne procurent ni la clause simple, ni la donation classique.
Fiscalité du démembrement après 70 ans (CGI 757 B)
Pour les primes versées après le 70e anniversaire du souscripteur, c’est l’article 757 B du CGI qui s’applique. Il prévoit :
- une réintégration des primes versées (hors gains et intérêts) à la succession du souscripteur ;
- un abattement global de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires au prorata de leurs droits ;
- une taxation aux droits de succession classiques au-delà de ce seuil, selon le lien de parenté.
Le démembrement reste juridiquement possible sur ces primes “après 70 ans”, mais son intérêt fiscal est sensiblement réduit : l’abattement de 30 500 € est nettement moins favorable que celui de 152 500 € prévu par l’article 990 I, et le conjoint usufruitier reste de toute façon exonéré au titre de la loi TEPA, ce qui rendrait potentiellement le démembrement neutre voire défavorable selon la structure familiale.
En pratique, lorsqu’on combine versements avant et après 70 ans sur un même contrat, chaque enveloppe est traitée séparément par l’assureur au moment du décès, qui isole les primes selon leur date de versement. Une clause démembrée bien rédigée doit anticiper cette dualité.
Rappel. Les chiffres et plafonds cités sont ceux en vigueur en 2026 d’après les sources officielles (Légifrance, impots.gouv.fr, bulletin officiel BOFiP). Les lois de finances peuvent modifier ces seuils. Vérifiez la situation à jour avant toute décision.
Rédiger une clause démembrée : modèle et points de vigilance
Une clause bénéficiaire démembrée standard pour un couple marié avec enfants en commun pourrait se présenter ainsi (modèle indicatif, à adapter par un professionnel) :
“Mon conjoint, [nom, prénom, date et lieu de naissance], pour l’usufruit, et mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales pour la nue-propriété, à défaut mes héritiers. L’usufruitier est dispensé de fournir caution et de procéder à l’emploi des fonds. Les nus-propriétaires disposeront sur la succession de l’usufruitier d’une créance de restitution égale au montant des sommes reçues par ce dernier, indexée sur l’indice INSEE des prix à la consommation hors tabac, à compter du jour du versement.”
Sept points de vigilance critiques :
- Identifier précisément les bénéficiaires (état civil complet, qualité). Une clause type “mon conjoint” est valable mais source de litiges en cas de remariage ou de séparation : la doctrine recommande de nommer expressément la personne par état civil complet.
- Désigner un bénéficiaire de second rang (par exemple, “à défaut, mes héritiers”) pour parer au prédécès de l’un des bénéficiaires.
- Prévoir la dispense de caution et d’emploi (article 601 du Code civil) pour préserver la liberté d’usage du conjoint usufruitier.
- Définir les modalités de la créance de restitution : montant, indexation (souvent INSEE prix consommation hors tabac), sûretés éventuelles.
- Anticiper le sort des contrats post-70 ans en prévoyant éventuellement une clause distincte ou un autre contrat dédié.
- Prévoir une convention de quasi-usufruit notariée à signer après le dénouement du contrat : c’est cet acte qui sécurisera la créance de restitution face à l’administration fiscale.
- Conserver la clause au coffre de l’assureur ou chez le notaire : éviter absolument une clause uniquement orale ou conservée chez soi.
Le portail notaires.fr et l’Autorité des marchés financiers (AMF) insistent tous deux sur la nécessité d’une rédaction professionnelle de la clause démembrée, en raison de la technicité juridique et fiscale du dispositif.
Cas pratique chiffré : protéger le conjoint et transmettre 300 000 €
Pour illustrer concrètement l’économie du démembrement, prenons le cas typique étudié par les conseils patrimoniaux et repris par les Notaires de France.
Configuration de départ
- Souscripteur Pierre, 68 ans au moment du décès, marié sous le régime de la communauté légale.
- Conjoint survivant Marie, 67 ans, exonérée de droits de succession (loi TEPA).
- Deux enfants en commun, Léa et Hugo, 35 et 32 ans.
- Contrat d’assurance-vie souscrit en 2010, primes intégralement versées avant les 70 ans de Pierre. Capital décès au jour du décès : 300 000 €.
- Clause bénéficiaire démembrée : “Mon épouse Marie pour l’usufruit, mes enfants Léa et Hugo par parts égales pour la nue-propriété, à défaut mes héritiers. Dispense de caution. Créance de restitution indexée INSEE.”
Étape 1 - Valorisation fiscale des droits
Marie ayant 67 ans, elle relève de la tranche “moins de 71 ans” du barème de l’article 669 du CGI :
- usufruit = 40 % de 300 000 € = 120 000 € de valeur fiscale ;
- nue-propriété = 60 % de 300 000 € = 180 000 € de valeur fiscale, répartis entre Léa et Hugo (90 000 € chacun).
Étape 2 - Répartition de l’abattement de 152 500 €
| Bénéficiaire | Quote-part | Abattement attribué |
|---|---|---|
| Marie (usufruitière) | 40 % | 61 000 € |
| Léa (nue-propriétaire) | 30 % | 45 750 € |
| Hugo (nu-propriétaire) | 30 % | 45 750 € |
Étape 3 - Calcul du prélèvement de l’article 990 I
- Marie : valeur fiscale 120 000 €, abattement 61 000 €. Solde taxable 59 000 €. Mais Marie est exonérée au titre de la loi TEPA : prélèvement = 0 €.
- Léa : valeur fiscale 90 000 €, abattement 45 750 €. Solde taxable 44 250 €. Prélèvement à 20 % = 8 850 €.
- Hugo : valeur fiscale 90 000 €, abattement 45 750 €. Solde taxable 44 250 €. Prélèvement à 20 % = 8 850 €.
Coût fiscal total au décès de Pierre : 17 700 €.
Étape 4 - Au décès de Marie (perspective long terme)
Hypothèse : Marie décède quinze ans plus tard, en ayant placé les 300 000 € qui sont devenus 450 000 € au sein de sa propre succession. La créance de restitution due à Léa et Hugo (300 000 € indexés, soit environ 360 000 € selon l’INSEE) est déductible de la succession de Marie.
Sur ces 300 000 € (montant nominal hors indexation pour simplifier), Léa et Hugo récupèrent leur dû sans aucune fiscalité supplémentaire (puisqu’il s’agit du remboursement d’une dette de la succession, pas d’un actif transmis), comme rappelé dans la doctrine fiscale publiée sur impots.gouv.fr.
Comparaison rapide avec une clause non démembrée (capital de 300 000 € transmis directement à parts égales aux enfants) :
- Léa : 150 000 €, abattement 152 500 €, prélèvement = 0 € ;
- Hugo : 150 000 €, abattement 152 500 €, prélèvement = 0 €.
Dans ce cas précis (capital de 300 000 € seulement, deux enfants), la clause simple est même plus économique au décès du souscripteur. Le démembrement reprend l’avantage si :
- le capital est plus élevé (par exemple 600 000 € ou 1 M€, où l’abattement enfant est dépassé sans démembrement) ;
- on cherche surtout à protéger économiquement le conjoint en lui donnant l’usage du capital plutôt qu’à minimiser strictement les droits ;
- on souhaite préparer la transmission de second rang en activant la déductibilité de la créance dans la succession du conjoint.
Cette démonstration souligne pourquoi le démembrement n’est pas une recette magique universelle : sa pertinence dépend du capital, de la structure familiale et de l’horizon. D’où l’intérêt d’un diagnostic patrimonial préalable.
Limites, risques et alternatives au démembrement
Le démembrement de la clause bénéficiaire est puissant, mais ce n’est pas sans coût ni risque.
Risques principaux
- Insolvabilité du conjoint usufruitier : si Marie dépense l’intégralité des fonds et que sa succession est déficitaire au moment de son décès, la créance de restitution des enfants devient irrécouvrable. Aucune garantie n’existe naturellement, sauf à exiger un emploi des fonds ou une caution (mais cela neutralise l’intérêt du dispositif).
- Conflits dans les familles recomposées : si les nus-propriétaires (enfants d’un premier lit) ne sont pas les héritiers de l’usufruitier (nouveau conjoint), la créance de restitution devient un point de friction majeur à la succession du conjoint.
- Risque de requalification fiscale : sans formalisation rigoureuse (convention notariée, indexation tracée, comptes séparés), l’administration peut contester la déductibilité de la créance, comme l’a illustré la jurisprudence récente sur les quasi-usufruits successoraux.
- Complexité de gestion : la rédaction et le suivi du démembrement génèrent des frais (notaire, CGPI) et une charge administrative qui peuvent être disproportionnés sur des capitaux modestes.
Alternatives à examiner
- Clause bénéficiaire à options (clause à options dite “Bertrand”) : le conjoint peut choisir, à l’ouverture de la succession, entre plusieurs quotités (100 %, 75 %, 50 %, 25 %), ce qui offre une flexibilité comparable à la donation entre époux.
- Donation entre époux (“au dernier vivant”) combinée à une clause classique : protège le conjoint sans démembrer le contrat AV.
- Souscription de deux contrats distincts : un contrat à clause classique pour les enfants, un autre pour le conjoint, pour éviter la complexité du démembrement.
- Diversification avec d’autres outils de transmission : donation en pleine propriété, transmission immobilière dédiée (notamment via SCI familiale ou démembrement de parts), ou investir dans l’immobilier pour la transmission en complément du capital AV pour répartir les enveloppes fiscales.
Pour aller plus loin sur les autres leviers fiscaux de l’assurance-vie, consultez nos guides dédiés à la règle des 70 ans et à l’abattement de 152 500 € et à l’assurance-vie après 70 ans. Si votre objectif est plus large que la protection du conjoint, lisez aussi notre guide transmettre à ses descendants via l’assurance-vie, qui détaille les stratégies adaptées aux enfants et petits-enfants.
Conclusion
Le démembrement de la clause bénéficiaire d’assurance-vie est l’un des outils les plus raffinés de la transmission patrimoniale française. Bien utilisé, il combine protection du conjoint, optimisation fiscale via l’abattement de l’article 990 I du CGI et déductibilité de la créance de restitution. Mal utilisé, il peut générer des conflits familiaux durables et des redressements fiscaux coûteux.
Trois conditions de succès se dégagent de l’expérience patrimoniale : un capital suffisamment significatif pour justifier la complexité, une structure familiale compatible (couple marié ou pacsé, enfants communs idéalement), et une rédaction professionnelle de la clause encadrée par un notaire.
Ce guide a pour seule vocation de vulgariser un dispositif technique : il ne tient pas compte de votre situation patrimoniale, fiscale, matrimoniale ni de vos objectifs personnels. Avant toute rédaction ou modification d’une clause bénéficiaire démembrée, consultez impérativement un notaire ou un Conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant inscrit ORIAS. Pour un panorama complet de l’assurance-vie en 2026, retrouvez notre guide complet 2026.
Questions fréquentes
Quel est l'intérêt d'un démembrement de clause bénéficiaire ?
Comment rédiger une clause bénéficiaire démembrée ?
Qu'est-ce que le quasi-usufruit en assurance-vie ?
La créance de restitution est-elle déductible de la succession de l'usufruitier ?
Comment fonctionne la fiscalité du démembrement avant 70 ans ?
Que se passe-t-il pour les primes versées après 70 ans ?
Le conjoint survivant est-il exonéré dans le cadre d'un démembrement ?
Peut-on prévoir une dispense de caution pour l'usufruitier ?
Le démembrement est-il toujours opportun ?
Comment cet article a été vérifié
- 8 sources officielles citées (AMF, ACPR, FFA, Banque de France, Notaires de France, Légifrance, impots.gouv.fr, Bercy).
- Rédigé par Claire Lefebvre, Conseillère en Gestion de Patrimoine indépendante (CGPI), certifiée AMF.
- Dernière revue éditoriale : 17 mai 2026. Mises à jour chiffrées en continu (taux servis fonds euros, abattements fiscaux, plafonds CGI).
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