PEA ou assurance-vie : quel placement choisir en 2026
PEA ou assurance-vie en 2026 : fiscalité après 5 et 8 ans, plafonds, supports, disponibilité, transmission et cas pratiques chiffrés pour choisir la bonne enveloppe.
Le PEA et l'assurance-vie sont deux enveloppes complémentaires, pas rivales. Le PEA est un outil d'exposition aux actions européennes, plafonné à 150 000 € de versements, dont les gains échappent à l'impôt sur le revenu après 5 ans (seuls les 17,2 % de prélèvements sociaux restent dus). L'assurance-vie n'a aucun plafond de versement, autorise toutes les classes d'actifs (fonds en euros, actions mondiales, immobilier, obligations), reste disponible à tout moment et permet de transmettre 152 500 € par bénéficiaire hors succession. Le bon réflexe en 2026 n'est pas de choisir l'un contre l'autre mais de combiner les deux selon votre horizon, votre tolérance au risque et vos objectifs de transmission. À jour au juin 2026.
Sommaire
- PEA et assurance-vie : deux logiques différentes
- Plafonds de versement : 150 000 € contre aucun
- Supports éligibles : actions européennes contre univers ouvert
- Fiscalité comparée : 5 ans pour le PEA, 8 ans pour l’assurance-vie
- Disponibilité de l’épargne : clôture contre rachat libre
- Transmission : l’avantage décisif de l’assurance-vie
- Trois cas pratiques pour décider
- Combiner PEA et assurance-vie : la stratégie optimale
- Approfondir
Pour répondre simplement : le PEA est le meilleur choix pour investir en actions européennes sur le long terme avec une fiscalité allégée, tandis que l’assurance-vie est le meilleur choix pour la sécurité du capital, la diversification mondiale et la transmission. Les deux enveloppes ne traitent pas les mêmes besoins, et c’est précisément ce qui les rend complémentaires. Ce guide compare le PEA et l’assurance-vie point par point (plafonds, supports, fiscalité, disponibilité, transmission) et propose trois cas pratiques chiffrés pour décider selon votre situation. Assurance Vie Guide édite un contenu informationnel indépendant et n’est pas immatriculé ORIAS : pour une recommandation personnalisée, consultez un Conseiller en Gestion de Patrimoine inscrit ORIAS.
PEA et assurance-vie : deux logiques différentes
Le PEA et l’assurance-vie répondent à deux intentions distinctes : le premier sert à dynamiser une épargne actions, la seconde à organiser un patrimoine durable et sa transmission.
Le Plan d’Épargne en Actions est une enveloppe de capitalisation conçue pour orienter l’épargne des particuliers vers les entreprises européennes. Géré par une banque (PEA bancaire, sous forme de compte-titres) ou par un assureur (PEA assurance, sous forme de contrat de capitalisation), il offre une fiscalité de faveur sur les gains à condition de respecter une durée de détention, comme le détaille service-public.fr[1]. Sa vocation est claire : investir en actions, principalement européennes, sur un horizon long.
L’assurance-vie est un contrat conclu avec une compagnie d’assurance, par lequel celle-ci s’engage à verser un capital ou une rente à un ou plusieurs bénéficiaires en cas de vie (rachat par le souscripteur) ou de décès. Son architecture est beaucoup plus ouverte : elle accueille un fonds en euros à capital garanti et une large gamme d’unités de compte. La commercialisation des unités de compte est encadrée par l’AMF[2], et la solvabilité des assureurs supervisée par l’ACPR[3]. L’assurance-vie reste de loin la première enveloppe d’épargne longue des Français, avec un encours qui dépasse les 1 900 milliards d’euros, là où le PEA pèse un volume bien plus modeste à l’échelle nationale.
Retenez l’idée maîtresse : le PEA est un outil d’exposition actions, l’assurance-vie une enveloppe patrimoniale polyvalente. Les comparer revient à comparer un instrument spécialisé et un couteau suisse.
Plafonds de versement : 150 000 € contre aucun
Le PEA est plafonné à 150 000 € de versements par personne, quand l’assurance-vie n’a aucun plafond légal.
Le PEA classique est limité à 150 000 € de versements par titulaire, soit 300 000 € pour un couple disposant chacun de son plan. Ce plafond porte sur les sommes versées, pas sur la valeur du plan : un PEA qui a fructifié peut donc largement dépasser 150 000 € en valorisation sans poser de problème. Un PEA-PME, dédié aux petites et moyennes entreprises, peut s’y ajouter avec un plafond propre de 225 000 €, mais l’ensemble PEA + PEA-PME ne peut dépasser 225 000 € cumulés par personne, plafond rappelé par service-public.fr sur sa fiche dédiée au Plan d’épargne en actions.
L’assurance-vie ne connaît, elle, aucun plafond de versement : vous pouvez y loger des montants illimités, sur un ou plusieurs contrats. Les seuils que l’on rencontre en assurance-vie sont fiscaux, et non des plafonds de versement : le seuil de 150 000 € de primes par souscripteur conditionne le taux réduit d’impôt de 7,5 % après 8 ans, et l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire encadre la transmission avant 70 ans. C’est une nuance souvent confondue : en assurance-vie, on ne plafonne pas ce que vous versez, on module la fiscalité au-delà de certains montants.
Conséquence pratique : pour une épargne importante, le PEA sature vite (150 000 € de versements), tandis que l’assurance-vie absorbe sans limite. C’est l’une des raisons pour lesquelles les deux enveloppes se complètent naturellement chez les patrimoines élevés.
Supports éligibles : actions européennes contre univers ouvert
Le PEA n’accepte que les actions européennes et les fonds qui en sont majoritairement composés, là où l’assurance-vie accueille presque toutes les classes d’actifs.
Dans un PEA, on ne peut loger que des actions et titres d’entreprises ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, ainsi que des fonds (OPCVM, ETF) investis à au moins 75 % en titres éligibles. Il est donc impossible d’y détenir un fonds en euros, des obligations en direct, ou des actions américaines et asiatiques en direct. Une astuce répandue consiste à utiliser des ETF synthétiques éligibles PEA qui répliquent indirectement des indices mondiaux ou américains, mais cela suppose d’accepter le risque de contrepartie inhérent à la réplication synthétique. La finance pour tous[4] détaille les règles d’éligibilité et les pièges courants.
L’assurance-vie multisupport ouvre un éventail nettement plus large : fonds en euros à capital garanti, unités de compte actions du monde entier, obligations, SCPI et OPCI immobiliers, ETF, fonds structurés et private equity. Cette diversité fait de l’assurance-vie une enveloppe de diversification globale, qui permet d’ajuster finement le couple rendement-risque. Pour aller plus loin sur l’arbitrage entre sécurité et performance à l’intérieur d’un contrat, notre dossier fonds euros contre unités de compte détaille les profils types. Et si votre objectif est précisément l’exposition aux ETF actions, notre guide des ETF en assurance-vie compare les deux logements possibles d’un même tracker.
La frontière est donc nette : le PEA est cantonné aux actions européennes, l’assurance-vie embrasse l’ensemble des classes d’actifs. Pour un investisseur qui veut du fonds en euros sécurisé ou de l’immobilier papier, le PEA ne répond tout simplement pas au besoin.
Fiscalité comparée : 5 ans pour le PEA, 8 ans pour l’assurance-vie
Sur les gains en actions, le PEA après 5 ans bat l’assurance-vie après 8 ans ; l’assurance-vie reprend l’avantage par sa souplesse de rachat et son régime successoral.
La fiscalité du PEA selon la durée
Le PEA repose sur un seuil temporel unique : 5 ans. Tant que vous ne retirez rien, aucune imposition n’est due, car l’enveloppe est capitalisante. Avant 5 ans, tout retrait entraîne en principe la clôture du plan et l’imposition des gains au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux). Après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus, et les retraits partiels n’entraînent plus la clôture du plan. Le régime fiscal complet des produits du PEA figure au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP)[5]. C’est cette exonération d’impôt sur le revenu qui fait la réputation du PEA pour l’investissement actions de long terme.
La fiscalité de l’assurance-vie selon la durée
L’assurance-vie n’impose qu’au moment d’un rachat, et uniquement sur la part de gains contenue dans le retrait (le capital récupéré n’est jamais taxé). Avant 8 ans, les gains sont taxés au PFU de 30 % par défaut. Après 8 ans, ils bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune) et d’un taux d’impôt réduit à 7,5 % sur la quote-part correspondant à 150 000 € de primes versées (tous contrats confondus, par souscripteur), puis 12,8 % au-delà. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas. Le détail des taux et des cas de rachat est exposé dans notre dossier fiscalité de l’assurance-vie 2026.
Le verdict fiscal
Sur la seule taxation des gains en actions détenus longtemps, le PEA est plus avantageux : 17,2 % de prélèvements sociaux après 5 ans, contre 7,5 % d’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux en assurance-vie après 8 ans (sous le seuil des 150 000 € de primes). Sur 50 000 € de plus-value retirée après le délai requis, le PEA laisse environ 8 600 € de prélèvements sociaux, l’assurance-vie environ 12 350 € de prélèvements totaux avant abattement. L’écart se réduit toutefois fortement en assurance-vie si l’on lisse les rachats pour absorber chaque année l’abattement de 4 600 € ou 9 200 €. Et il faut rappeler que le PEA ne donne accès à aucun fonds en euros sécurisé : sa fiscalité avantageuse se paie d’une exposition obligatoire au risque actions.
Disponibilité de l’épargne : clôture contre rachat libre
L’assurance-vie reste disponible à tout moment sans pénalité ; le PEA pénalise les retraits avant 5 ans par la clôture du plan.
Sur un PEA, la liquidité dépend de l’âge du plan. Avant 5 ans, un retrait, même partiel, entraîne en principe la clôture du plan et la fiscalité au PFU de 30 % (sauf cas particuliers tels que la création ou la reprise d’entreprise, le décès, le départ à l’étranger). Le PEA n’est donc pas adapté à une épargne de précaution mobilisable à court terme. Après 5 ans, la souplesse revient : les retraits partiels ne clôturent plus le plan, et vous pouvez même continuer à verser jusqu’au plafond.
L’assurance-vie autorise un rachat partiel ou total à tout moment, sans condition ni justification, et sans jamais faire perdre l’antériorité fiscale du contrat. L’assureur dispose d’un délai légal maximal de 2 mois après réception de la demande complète pour verser les fonds. Les règles générales de souscription et de fonctionnement du contrat sont rappelées sur la fiche contrat d’assurance-vie de service-public.fr. Cette liberté de rachat constitue l’un des atouts les plus solides de l’assurance-vie face au PEA, en particulier pour les projets de moyen terme.
En clair : pour une épargne dont vous pourriez avoir besoin avant 5 ans, l’assurance-vie est nettement préférable. Le PEA suppose un engagement de durée que tous les épargnants ne peuvent pas tenir.
Transmission : l’avantage décisif de l’assurance-vie
À votre décès, le PEA est clôturé et entre dans la succession classique, alors que l’assurance-vie transmet jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire hors succession.
C’est le terrain sur lequel l’écart est le plus tranché. Au décès du titulaire, le PEA est automatiquement clôturé : les titres et liquidités intègrent l’actif successoral et sont transmis aux héritiers selon le droit commun des successions (abattements personnels et barème des droits de mutation). Le PEA ne bénéficie d’aucun régime de faveur à la transmission.
L’assurance-vie dispose au contraire d’un mécanisme de transmission spécifique et puissant. Le capital est versé aux bénéficiaires désignés dans la clause, hors succession civile dans la limite des règles fiscales. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €, puis d’un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà (régime de l’article 990 I du Code général des impôts). Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique tous bénéficiaires confondus, mais les intérêts restent exonérés (article 757 B). La rédaction de la clause bénéficiaire mérite un soin particulier, comme le rappelle service-public.fr sur sa fiche dédiée à la modification de la clause bénéficiaire.
Si votre objectif inclut la transmission d’un capital à vos proches dans des conditions fiscales optimisées, l’assurance-vie est sans rival face au PEA. C’est souvent ce critère qui fait pencher la balance pour les épargnants de plus de 50 ans.
Trois cas pratiques pour décider
Trois profils stylisés permettent de visualiser l’arbitrage concret entre PEA et assurance-vie.
Cas 1 : jeune actif qui veut investir en actions
Léa, 28 ans, capacité d’épargne 400 € par mois, horizon long, tolérance au risque correcte. Le PEA est sa priorité : un ETF actions monde éligible PEA capte la croissance des marchés sur 30 ans, et après 5 ans les gains échappent à l’impôt sur le revenu. Elle ouvre toutefois en parallèle une assurance-vie avec un versement initial modeste (100 €) pour prendre date et faire courir le compteur des 8 ans, qu’elle alimentera plus tard. À cet âge, le PEA porte l’effort principal, l’assurance-vie sécurise l’antériorité.
Cas 2 : épargnant prudent qui veut sécuriser son capital
Marc, 45 ans, profil prudent, refuse toute perte en capital sur une partie de son épargne. Le PEA ne lui convient pas comme socle, car il n’offre aucun support garanti. L’assurance-vie l’emporte : il loge l’essentiel sur le fonds en euros à capital garanti, et n’expose qu’une fraction réduite à des unités de compte selon sa tolérance. Le besoin de sécurité prime ici sur l’optimisation fiscale des gains actions. Pour calibrer la part risquée, notre dossier fonds euros contre unités de compte propose des répartitions par profil.
Cas 3 : senior avec capital à transmettre
Françoise, 63 ans, dispose de 250 000 € à placer pour ses deux enfants. Le PEA ne répondrait pas à son objectif de transmission, puisqu’il serait clôturé et soumis aux droits de succession à son décès. L’assurance-vie est la solution évidente : versement avant 70 ans pour profiter de l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire (305 000 € transmis sans droits aux deux enfants), allocation diversifiée fonds en euros et unités de compte, rachats partiels possibles pour compléter ses revenus. Le critère successoral fait toute la différence.
Combiner PEA et assurance-vie : la stratégie optimale
Pour un épargnant disposant d’une capacité suffisante, détenir un PEA et une assurance-vie est la stratégie la plus cohérente.
La logique des couches successives fonctionne bien. Le PEA sert de poche actions européennes performante et fiscalement optimisée à long terme, plafonnée à 150 000 € de versements. L’assurance-vie sert de socle de sécurité (fonds en euros), de diversification mondiale (unités de compte, immobilier) et d’outil de transmission, sans aucun plafond de versement. Les deux compteurs d’antériorité fiscale (5 ans pour le PEA, 8 ans pour l’assurance-vie) se construisent indépendamment : il est donc judicieux d’ouvrir les deux le plus tôt possible, même avec un versement initial symbolique, pour faire courir les délais.
L’ordre de priorité dépend de votre profil. Un jeune investisseur dynamique privilégiera le PEA pour l’exposition actions, tout en gardant une assurance-vie ouverte pour prendre date. Un épargnant prudent ou proche de la retraite donnera la priorité à l’assurance-vie pour la sécurité et la transmission, le PEA jouant un rôle d’appoint sur la part actions. Pour bien choisir le contrat d’assurance-vie qui complétera votre PEA, notre comparatif quel contrat ouvrir en 2026 détaille les critères de sélection, et notre guide complet 2026 reprend l’ensemble du fonctionnement de l’enveloppe.
Une dernière précision utile : si votre réflexion porte plutôt sur la préparation de la retraite, la comparaison pertinente n’est pas seulement PEA contre assurance-vie, mais aussi PER contre assurance-vie, le PER ajoutant un levier de déduction fiscale à l’entrée que ni le PEA ni l’assurance-vie ne proposent. Pour une stratégie sur mesure, l’accompagnement d’un Conseiller en Gestion de Patrimoine inscrit ORIAS reste recommandé.
Approfondir
- Guide complet de l’assurance-vie 2026 : fonctionnement, supports, fiscalité, choix du contrat
- Fiscalité de l’assurance-vie détaillée : PFU, abattements, calculs et exemples
- PER contre assurance-vie : la troisième enveloppe pour la retraite
- Fonds euros contre unités de compte : répartir le risque dans votre contrat
- ETF en assurance-vie : loger des trackers dans une enveloppe assurantielle
Questions fréquentes
Vaut-il mieux ouvrir un PEA ou une assurance-vie en 2026 ?
Tout dépend de votre objectif. Le PEA l’emporte si vous visez l’investissement en actions européennes sur le long terme avec une fiscalité allégée des gains après 5 ans (exonération d’impôt sur le revenu, seuls les 17,2 % de prélèvements sociaux restant dus). L’assurance-vie l’emporte si vous recherchez la souplesse d’allocation (fonds en euros sécurisé, immobilier, obligations, monde entier), la disponibilité totale de l’épargne et surtout la transmission hors succession jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Les deux enveloppes ne sont pas concurrentes mais complémentaires : pour un investisseur disposant d’une capacité d’épargne suffisante, les détenir toutes les deux reste la stratégie la plus fréquemment recommandée.
Quel est le plafond de versement du PEA et de l’assurance-vie ?
Le PEA classique est plafonné à 150 000 € de versements (300 000 € pour un couple disposant chacun de son plan), auxquels peut s’ajouter un PEA-PME plafonné à 225 000 €, dans la limite globale de 225 000 € cumulés par personne, comme le rappelle service-public.fr. L’assurance-vie, à l’inverse, n’a aucun plafond légal de versement : vous pouvez y loger des sommes illimitées. Les seuils qui existent en assurance-vie sont fiscaux, pas des plafonds de versement : 150 000 € de primes par souscripteur conditionnent le taux réduit de 7,5 % après 8 ans, et 152 500 € par bénéficiaire fixent l’abattement de transmission avant 70 ans.
La fiscalité du PEA est-elle meilleure que celle de l’assurance-vie ?
Sur les gains en actions détenus longtemps, le PEA est fiscalement plus avantageux. Après 5 ans, un retrait de PEA n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sur les gains, contre 7,5 % d’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux en assurance-vie après 8 ans (sous le seuil de 150 000 € de primes). En revanche, l’assurance-vie reprend l’avantage sur deux terrains que le PEA ne couvre pas : l’accès au fonds en euros à capital garanti, et la transmission au décès avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire qui n’existe pas sur le PEA.
Peut-on perdre les avantages fiscaux du PEA en cas de retrait ?
Oui avant 5 ans. Tout retrait effectué avant le cinquième anniversaire du PEA entraîne en principe la clôture du plan et l’imposition des gains au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf cas particuliers comme la création ou la reprise d’entreprise. Après 5 ans, le PEA bénéficie d’une grande souplesse retrouvée : les retraits partiels n’entraînent plus la clôture du plan et n’empêchent plus les versements ultérieurs, dans la limite du plafond. L’assurance-vie, elle, autorise un rachat partiel à tout moment sans jamais clôturer le contrat ni faire perdre l’antériorité fiscale acquise.
Quels supports peut-on loger dans un PEA et dans une assurance-vie ?
Le PEA est strictement réservé aux actions et titres d’entreprises ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, ainsi qu’aux fonds (OPCVM, ETF) investis à au moins 75 % en titres éligibles. On ne peut y loger ni fonds en euros, ni obligations en direct, ni actions américaines ou asiatiques en direct. L’assurance-vie multisupport est beaucoup plus ouverte : fonds en euros à capital garanti, unités de compte actions du monde entier, obligations, SCPI immobilières, ETF, fonds structurés et private equity. Cette palette élargie fait de l’assurance-vie une enveloppe de diversification, là où le PEA est un outil d’exposition actions européennes.
PEA et assurance-vie sont-ils cumulables ?
Oui, et c’est même recommandé. Rien n’interdit de détenir simultanément un PEA et un ou plusieurs contrats d’assurance-vie. Beaucoup d’épargnants utilisent le PEA comme poche actions européennes performante et fiscalement optimisée à long terme, et l’assurance-vie comme socle de sécurité (fonds en euros), de diversification mondiale (unités de compte) et de transmission. L’antériorité fiscale se construit séparément sur chaque enveloppe : il est donc judicieux d’ouvrir et d’alimenter modestement les deux le plus tôt possible pour faire courir les compteurs des 5 ans (PEA) et 8 ans (assurance-vie).
Que devient le PEA au décès du titulaire ?
Au décès du titulaire, le PEA est automatiquement clôturé et les titres ou liquidités intègrent l’actif successoral, transmis aux héritiers selon les règles de droit commun des successions (abattements et barème des droits de mutation). Le PEA ne bénéficie d’aucun régime de transmission privilégié. L’assurance-vie offre au contraire un mécanisme de transmission spécifique et puissant : le capital est versé aux bénéficiaires désignés dans la clause, hors succession civile, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. C’est sur ce terrain successoral que l’assurance-vie creuse l’écart le plus net face au PEA.
Notes et références
- [https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2385](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2385) ↩
- [https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants](https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants) ↩
- [https://acpr.banque-france.fr/](https://acpr.banque-france.fr/) ↩
- [https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/marches-financiers/produits-financiers/pea/](https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/marches-financiers/produits-financiers/pea/) ↩
- [https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/3163-PGP.html](https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/3163-PGP.html) ↩
Questions fréquentes
Vaut-il mieux ouvrir un PEA ou une assurance-vie en 2026 ?
Quel est le plafond de versement du PEA et de l'assurance-vie ?
La fiscalité du PEA est-elle meilleure que celle de l'assurance-vie ?
Peut-on perdre les avantages fiscaux du PEA en cas de retrait ?
Quels supports peut-on loger dans un PEA et dans une assurance-vie ?
PEA et assurance-vie sont-ils cumulables ?
Que devient le PEA au décès du titulaire ?
Comment cet article a été vérifié
- 8 sources officielles citées (AMF, ACPR, FFA, Banque de France, Notaires de France, Légifrance, impots.gouv.fr, Bercy).
- Rédigé par Claire Lefebvre, Conseillère en Gestion de Patrimoine indépendante (CGPI), certifiée AMF.
- Dernière revue éditoriale : 10 juillet 2026. Mises à jour chiffrées en continu (taux servis fonds euros, abattements fiscaux, plafonds CGI).
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