A Assurance Vie Guide
Sommaire (10)
  1. 01Conjoint bénéficiaire assurance-vie : exonération totale loi TEPA
  2. 02Sommaire
  3. 03Le cadre fiscal : loi TEPA et exonération du conjoint
  4. 04Conjoint marié, partenaire pacsé, concubin : qui est concerné
  5. 05Articulation avec les articles 990 I et 757 B du CGI
  6. 06Stratégies de clause bénéficiaire au profit du conjoint
  7. 07Le démembrement de la clause : combiner conjoint et enfants
  8. 08Risques et points de vigilance
  9. 09Cas pratiques chiffrés
  10. 10Approfondir
Couple consultant un notaire pour la rédaction d'une clause bénéficiaire d'assurance-vie au profit du conjoint survivant
Assurance-vie

Conjoint bénéficiaire assurance-vie : exonération totale loi TEPA

Conjoint bénéficiaire d'assurance-vie : la loi TEPA exonère totalement de droits le conjoint survivant et le partenaire pacsé, sans plafond. Règles, stratégies de clause et points

Claire Lefebvre
Publié le 12 juin 2026 · mis a jour le 12 juin 2026 · 13 min de lecture
Copie

Conjoint bénéficiaire assurance-vie : exonération totale loi TEPA

L’essentiel en 30 secondes

  1. La loi TEPA du 21 août 2007 exonère totalement de droits de succession le conjoint survivant et le partenaire pacsé, y compris sur les capitaux d’assurance-vie.
  2. L’exonération est sans plafond et joue aussi bien sur les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI) que sur les primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI).
  3. Le concubin notoire n’est pas concerné : seuls le mariage et le Pacs ouvrent droit à cette exonération.
  4. La clause bénéficiaire doit néanmoins être rédigée avec soin, car le mécanisme fiscal ne protège pas d’une mauvaise désignation ou d’un litige successoral.
  5. Cet article délivre une information générale et ne constitue pas un conseil patrimonial personnalisé. Pour les contrats importants, consultez un notaire ou un Conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant inscrit ORIAS.

Sommaire

  1. Le cadre fiscal : loi TEPA et exonération du conjoint
  2. Conjoint marié, partenaire pacsé, concubin : qui est concerné
  3. Articulation avec les articles 990 I et 757 B du CGI
  4. Stratégies de clause bénéficiaire au profit du conjoint
  5. Le démembrement de la clause : combiner conjoint et enfants
  6. Risques et points de vigilance
  7. Cas pratiques chiffrés
  8. Foire aux questions

Le cadre fiscal : loi TEPA et exonération du conjoint

La loi TEPA, votée le 21 août 2007 (loi n°2007-1223 en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat), a profondément modifié la fiscalité des successions entre époux. Son article 8 a inséré dans le Code général des impôts une exonération totale de droits de mutation par décès au profit du conjoint survivant et du partenaire lié par un Pacs.

Cette réforme a une portée très large. Elle vise tous les actifs transmis par décès, y compris les capitaux d’assurance-vie, et ne prévoit aucun plafond. Le portail service-public.fr rappelle que le conjoint survivant est totalement exonéré sur la part qui lui revient, quel qu’en soit le montant. Le site impots.gouv.fr reprend la même règle pour les héritiers et les bénéficiaires d’assurance-vie.

Avant 2007, le conjoint survivant bénéficiait d’un simple abattement, complété par un barème progressif assez doux mais réel. La loi TEPA a transformé cet abattement en exonération intégrale, alignant la situation du conjoint sur celle des organismes d’intérêt général. C’est une rupture historique dans le droit successoral français, dont les conséquences sont particulièrement marquées en matière d’assurance-vie, où les capitaux peuvent être très significatifs.

L’exonération joue automatiquement dès lors que les conditions de qualité (mariage ou Pacs au jour du décès) sont réunies. Aucune démarche n’est requise : l’assureur applique directement le régime et aucun prélèvement n’est opéré. Pour un panorama complet, voir notre dossier sur la succession en assurance-vie et l’abattement de 152 500 €.

Conjoint marié, partenaire pacsé, concubin : qui est concerné

L’exonération prévue par la loi TEPA est strictement encadrée par le statut civil du bénéficiaire au jour du décès. Trois situations doivent être clairement distinguées.

Statut au jour du décèsRégime fiscal applicablePlafond
Conjoint mariéExonération totale (loi TEPA)Aucun
Partenaire de PacsExonération totale (loi TEPA)Aucun
Concubin notoireDroits de mutation au taux de 60 % après abattement réduitTrès faible

Le conjoint marié. Tous les régimes matrimoniaux sont concernés, qu’il s’agisse de la communauté légale, de la séparation de biens, de la participation aux acquêts ou d’un régime conventionnel. Ce qui compte est la qualité d’époux à la date du décès. Un divorce en cours, non encore prononcé, ne fait pas perdre la qualité de conjoint au sens fiscal.

Le partenaire de Pacs. Le Pacte civil de solidarité, introduit en 1999, ouvre les mêmes droits fiscaux successoraux que le mariage depuis la loi TEPA. La règle est strictement appliquée par l’administration fiscale : le pacte doit être en cours au jour du décès. Une rupture intervenue avant fait disparaître le bénéfice de l’exonération.

Le concubin. Le concubinage, même notoire et de longue durée, ne donne droit à aucune exonération particulière. Le concubin bénéficiaire d’une assurance-vie est traité comme un tiers : abattement très faible, taux de droits de mutation de 60 %. C’est l’écart fiscal le plus violent du système français. Pour un couple en concubinage, l’unique vraie protection vient des abattements de l’article 990 I du CGI sur les primes versées avant 70 ans, soit 152 500 € par bénéficiaire, comme rappelé par le BOFiP.

Le statut civil du couple est donc une décision patrimoniale en soi. Le portail notaires.fr recommande de discuter avec son notaire de l’opportunité d’un Pacs ou d’un mariage lorsque les capitaux d’assurance-vie sont significatifs et que l’on souhaite protéger fiscalement son partenaire.

Articulation avec les articles 990 I et 757 B du CGI

L’assurance-vie a sa propre fiscalité successorale, articulée autour de deux articles du Code général des impôts. La loi TEPA s’articule avec ces régimes spécifiques de façon nette.

Article 990 I du CGI : primes versées avant 70 ans. Ce régime prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 €, et de 31,25 % au-delà. Pour le conjoint marié ou pacsé, ces prélèvements ne s’appliquent pas : l’exonération TEPA prime. Le détail du fonctionnement de cet abattement est exposé dans notre article sur la succession assurance-vie et l’abattement de 152 500 €.

Article 757 B du CGI : primes versées après 70 ans. Ce régime applique les droits de mutation par décès de droit commun, après un abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires. Là encore, le conjoint marié ou pacsé est entièrement exonéré, y compris sur la fraction qui aurait été taxée. Pour les autres bénéficiaires, en revanche, la règle des 70 ans peut peser lourdement, comme expliqué dans notre dossier sur l’assurance-vie après 70 ans.

Conséquence pratique pour le couple. Désigner le conjoint comme bénéficiaire principal revient à neutraliser totalement la fiscalité successorale du contrat, quels que soient l’âge des versements et le montant transmis. C’est l’option la plus simple et la plus sûre pour protéger le partenaire survivant, mais elle a un coût : les abattements personnels des enfants (152 500 € par enfant) ne sont pas utilisés lors du premier décès.

La transmission au conjoint a aussi des effets sur le revenu courant du couple, notamment via le mode de sortie (capital ou rente) et le choix entre PFU et barème de l’impôt sur le revenu si le conjoint procède ensuite à des rachats. La fiscalité applicable est alors celle du contrat repris ou des nouveaux rachats, indépendante de la transmission elle-même.

Stratégies de clause bénéficiaire au profit du conjoint

L’exonération fiscale ne dispense pas d’une rédaction rigoureuse. Plusieurs stratégies coexistent, chacune ayant des conséquences civiles et patrimoniales propres. Le choix dépend de la composition de la famille, du patrimoine global et des objectifs de transmission.

Clause type “conjoint à défaut enfants à défaut héritiers”. C’est la clause standard proposée par la quasi-totalité des assureurs. Elle désigne le conjoint en premier rang, les enfants en second rang, et les héritiers légaux à défaut. Elle assure une protection prioritaire du conjoint, tout en garantissant que le capital ne tombe pas dans le néant juridique en l’absence du conjoint.

Clause libre. Le souscripteur peut désigner librement les bénéficiaires : conjoint seul, conjoint et enfants par parts égales, conjoint pour partie et enfants pour partie. La liberté est quasi totale, mais doit respecter la protection des héritiers réservataires et éviter les primes manifestement exagérées, qui peuvent être réintégrées au profit des enfants exhérédés.

Clause à options. Certains contrats permettent de prévoir plusieurs options à la disposition du conjoint bénéficiaire : accepter tout, accepter une fraction, renoncer au profit des enfants. Cette souplesse offre une vraie agilité au moment du décès, notamment pour utiliser les abattements personnels des enfants au premier décès tout en protégeant le conjoint.

Importance du choix entre nominatif et désignation générique. La désignation “mon conjoint” vise automatiquement la personne mariée au jour du décès, ce qui s’adapte aux changements de situation matrimoniale. Une désignation nominative (par exemple le nom et prénom du conjoint) figerait au contraire la désignation, ce qui peut poser problème en cas de divorce et remariage ultérieur. La règle générale, rappelée par les Notaires de France, est de privilégier la désignation générique sauf raison particulière.

Pour les couples avec enfants d’unions différentes, des stratégies plus sophistiquées peuvent être envisagées, comme expliqué dans notre article sur la transmission aux enfants et petits-enfants via l’assurance-vie.

Le démembrement de la clause : combiner conjoint et enfants

Lorsqu’il s’agit de protéger le conjoint tout en transmettant aux enfants, la clause démembrée est l’outil de référence. Elle attribue l’usufruit du capital au conjoint et la nue-propriété aux enfants, avec un mécanisme de quasi-usufruit qui permet au conjoint de disposer librement des sommes.

Le quasi-usufruit en pratique. L’assurance-vie versant des sommes d’argent, l’usufruit prend la forme d’un quasi-usufruit, régi par l’article 587 du Code civil. Le conjoint reçoit la totalité du capital et peut en disposer, à charge de restitution à son décès. Les enfants nus-propriétaires disposent d’une créance de restitution sur la succession du conjoint, déductible de l’actif successoral, ce qui réduit les droits ultérieurs.

Avantage fiscal majeur. Au premier décès, le conjoint étant exonéré par la loi TEPA, aucun droit n’est dû sur la quote-part en usufruit. Les enfants nus-propriétaires bénéficient quant à eux d’un abattement réparti selon le barème de l’article 669 du CGI, fondé sur l’âge de l’usufruitier. Plus l’usufruitier est jeune, plus la valeur de la nue-propriété est élevée et plus l’abattement consommé par les enfants est important.

Précautions à prendre. Le démembrement de la clause bénéficiaire doit être rédigé avec une grande rigueur. Une clause mal formulée peut être réinterprétée par l’assureur comme une attribution en pleine propriété au conjoint, faisant tomber le mécanisme. La rédaction par un notaire est très vivement recommandée, et nous y consacrons un article entier : démembrement de la clause bénéficiaire.

Convention de quasi-usufruit. En complément, il est utile de signer une convention de quasi-usufruit qui matérialise la créance de restitution. Sans cette convention, l’administration fiscale peut contester la déductibilité au moment de la succession du conjoint. Le sujet est traité par le BOFiP et largement couvert par la doctrine notariale.

Risques et points de vigilance

L’exonération du conjoint est puissante, mais quelques pièges méritent d’être signalés.

Concentration des capitaux au profit du seul conjoint. Désigner le conjoint comme unique bénéficiaire reporte la fiscalité sur sa propre succession ultérieure, où les enfants seront taxés selon le barème de droit commun (avec un abattement de 100 000 € par enfant). Pour un patrimoine élevé, cette concentration peut conduire à une charge fiscale différée importante. La répartition entre conjoint et enfants, dès le premier décès, permet d’optimiser l’usage des abattements de chacun.

Désignation nominative et changement de situation. Une clause qui nomme expressément Madame ou Monsieur X reste en vigueur tant qu’elle n’est pas modifiée. En cas de divorce, le souscripteur peut oublier de la mettre à jour, ce qui aboutit à transmettre des capitaux à un ex-conjoint. La jurisprudence est constante sur ce point : c’est la clause inscrite au contrat qui s’applique, indépendamment de la situation familiale réelle au décès. La revue régulière des clauses, particulièrement après tout événement familial majeur, est indispensable.

Acceptation du bénéfice par le conjoint. Lorsque le bénéficiaire accepte expressément le bénéfice du contrat (procédure formalisée avec accord du souscripteur depuis la loi du 17 décembre 2007), le souscripteur perd la possibilité de modifier la clause sans accord du bénéficiaire. Cette acceptation peut figer la situation, notamment en cas de séparation.

Pacs récent et durée minimale. Aucune durée minimale de Pacs n’est exigée par la loi TEPA. Mais l’administration peut être vigilante sur les Pacs conclus très peu avant un décès, dans des circonstances suggérant une intention exclusivement fiscale. En pratique, la fraude reste difficile à caractériser.

Articulation avec le régime matrimonial. Les primes versées avec des biens communs peuvent avoir des conséquences au décès du souscripteur, surtout si l’autre époux décède en premier. Une partie de la valeur du contrat peut alors être réintégrée dans l’actif de communauté. Le sujet est technique et mérite une consultation notariale, comme rappelé par les ressources de l’AMF et de l’ACPR.

Cas pratiques chiffrés

Pour illustrer concrètement l’enjeu, prenons trois exemples pédagogiques. Les chiffres sont fictifs et n’ont qu’une valeur d’illustration.

Cas 1 : conjoint unique bénéficiaire, 600 000 €. Monsieur Dupont décède à 72 ans en laissant 600 000 € sur un contrat attribué à son épouse, dont 400 000 € versés avant 70 ans et 200 000 € après. Grâce à la loi TEPA, l’épouse perçoit l’intégralité sans aucun droit, quel que soit l’article fiscal théoriquement applicable.

Cas 2 : concubin bénéficiaire, 400 000 €. Madame Lebrun désigne son concubin sur un contrat de 400 000 € alimenté avant ses 70 ans. Le concubin subit le prélèvement de l’article 990 I : 152 500 € d’abattement, puis 20 % sur les 247 500 € restants, soit 49 500 € de prélèvement. Cette somme aurait été économisée avec un Pacs ou un mariage.

Cas 3 : démembrement, conjoint et deux enfants, 500 000 €. Monsieur Bertrand laisse 500 000 € sur un contrat avec une clause démembrée : usufruit au conjoint, nue-propriété aux deux enfants. Le conjoint a 68 ans, ce qui correspond à 40 % d’usufruit et 60 % de nue-propriété selon l’article 669 du CGI. La valeur de la nue-propriété est donc de 300 000 €, soit 150 000 € par enfant. Chacun consomme alors 150 000 € sur son abattement de 152 500 €, tandis que le conjoint usufruitier dispose de l’intégralité du capital en quasi-usufruit, sans aucun droit. Cette stratégie maximise l’usage de tous les abattements dès le premier décès.

Ces trois cas illustrent l’impact direct du statut civil et de la rédaction de la clause sur la facture fiscale. Une consultation notariale reste très fortement recommandée pour tout contrat significatif.

Rappel de prudence. Les exemples ci-dessus reposent sur la législation en vigueur en 2026 et sur la jurisprudence actuelle. Les règles peuvent évoluer, et chaque situation familiale appelle une analyse personnalisée. Cet article délivre une information générale et ne remplace pas une consultation juridique ou patrimoniale.

Approfondir

Notes et références

  1. [https://www.legifrance.gouv.fr/](https://www.legifrance.gouv.fr/)
  2. https://www.service-public.fr/particuliers
  3. [https://bofip.impots.gouv.fr/](https://bofip.impots.gouv.fr/)
  4. https://www.impots.gouv.fr/particulier
  5. [https://www.notaires.fr/fr](https://www.notaires.fr/fr)
  6. https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants
  7. [https://acpr.banque-france.fr/](https://acpr.banque-france.fr/)

Questions fréquentes

Le conjoint bénéficiaire d'une assurance-vie paie-t-il des droits de succession ?
Non. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant marié et le partenaire lié par un Pacs sont totalement exonérés de droits de succession, y compris sur les capitaux d'assurance-vie. Cette exonération est sans plafond et joue indépendamment de l'âge du souscripteur au moment des versements. Les capitaux transmis au conjoint bénéficiaire échappent ainsi à la fois aux prélèvements de l'article 990 I du CGI (primes versées avant 70 ans, qui appliquent normalement un prélèvement de 20 % puis 31,25 % après un abattement de 152 500 €) et aux droits de mutation par décès de l'article 757 B du CGI (primes versées après 70 ans). Aucune démarche fiscale particulière n'est requise par le conjoint bénéficiaire : l'assureur applique automatiquement le régime au vu de la qualité du bénéficiaire. C'est l'avantage le plus puissant offert à un couple marié ou pacsé en matière de transmission patrimoniale.
Le concubin est-il concerné par cette exonération ?
Non, et c'est un point central trop souvent ignoré. Seuls le conjoint marié et le partenaire de Pacs bénéficient de l'exonération totale prévue par la loi TEPA. Le concubin notoire, même après vingt ans de vie commune, est traité fiscalement comme un tiers étranger à la famille et reste soumis à des droits de succession au taux de 60 % après un abattement très faible. Le statut civil détermine donc directement le coût fiscal de la transmission par assurance-vie. Pour un couple en concubinage, les abattements de l'article 990 I (152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans) restent en principe la seule protection fiscale disponible, le solde étant taxé à 20 % puis 31,25 %. La conclusion d'un Pacs, ou un mariage, peut donc représenter une économie d'impôt très significative lorsque les capitaux d'assurance-vie sont élevés.
Faut-il quand même nommer le conjoint dans la clause bénéficiaire ?
Oui, c'est absolument essentiel. L'exonération fiscale ne dispense en rien de rédiger une clause bénéficiaire explicite et claire. Si la clause n'est pas rédigée ou ne désigne personne, le capital tombe dans la succession civile du souscripteur et perd l'ensemble des avantages de l'assurance-vie hors succession. La clause type proposée par les assureurs prévoit généralement la formulation suivante : "mon conjoint non séparé de corps, à défaut mes enfants nés ou à naître par parts égales, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers selon les règles de la dévolution légale". Cette formulation doit être adaptée selon la situation patrimoniale, en particulier en présence de plusieurs unions ou d'enfants issus de précédentes relations. Pour les patrimoines significatifs, une rédaction sur mesure avec l'aide d'un notaire est très fortement recommandée afin d'éviter toute ambiguïté ou contentieux au moment du décès.
La loi TEPA s'applique-t-elle aussi aux versements après 70 ans ?
Oui, sans aucune restriction. La loi TEPA exonère le conjoint et le partenaire pacsé sans distinction selon l'article fiscal théoriquement applicable. Pour les primes versées par le souscripteur après ses 70 ans, normalement soumises à l'article 757 B du CGI avec un abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires puis droits de mutation par décès au tarif en ligne directe, le conjoint bénéficiaire reste totalement exonéré, y compris sur la fraction qui aurait été taxée pour un autre bénéficiaire. C'est un atout majeur pour un souscripteur âgé qui souhaite protéger son conjoint sans contrainte d'âge, comme rappelé dans notre article sur l'assurance-vie après 70 ans. La règle des 70 ans, souvent perçue comme un couperet, perd donc tout son tranchant lorsque le bénéficiaire désigné est le conjoint ou le partenaire pacsé.
Quelle stratégie de clause pour combiner protection du conjoint et transmission aux enfants ?
La stratégie la plus répandue est le démembrement de la clause bénéficiaire avec usufruit au conjoint survivant et nue-propriété aux enfants. Le conjoint reçoit la jouissance des capitaux sous forme de quasi-usufruit, ce qui lui permet d'en disposer librement, et les enfants disposent d'une créance de restitution exigible au décès du conjoint. Cette mécanique combine la protection immédiate du conjoint et la transmission différée aux enfants, tout en optimisant les abattements personnels de chaque bénéficiaire dès le premier décès. Le conjoint étant exonéré par la loi TEPA, aucun droit n'est dû sur la quote-part en usufruit, et les enfants nus-propriétaires consomment leur abattement de 152 500 € sur la seule valeur de la nue-propriété, calculée selon le barème de l'article 669 du CGI. Notre article sur le démembrement de la clause bénéficiaire détaille ce montage et ses limites.

Comment cet article a été vérifié

  • 7 sources officielles citées (AMF, ACPR, FFA, Banque de France, Notaires de France, Légifrance, impots.gouv.fr, Bercy).
  • Rédigé par Claire Lefebvre, Conseillère en Gestion de Patrimoine indépendante (CGPI), certifiée AMF.
  • Dernière revue éditoriale : 12 juin 2026. Mises à jour chiffrées en continu (taux servis fonds euros, abattements fiscaux, plafonds CGI).
  • Aucun lien d'affiliation déguisé, aucune recommandation personnalisée. Le site n'est pas immatriculé ORIAS / IAS (ce n'est pas un conseil en investissement au sens de l'article L.541-1 du Code monétaire et financier). Lire notre politique éditoriale.
Copie

À lire aussi

Newsletter Recevez nos analyses chaque semaine. Je m'abonne