PFL ou option IR en assurance-vie : quelle fiscalité choisir en 2026
PFL ou option IR en assurance-vie 2026 : différences entre prélèvement forfaitaire libératoire, PFU et imposition au barème de l'IR, seuils de bascule selon votre TMI et démarches
En 2026, la fiscalité du rachat d'une assurance-vie laisse coexister deux régimes selon la date de versement des primes. Pour les primes versées avant le 27 septembre 2017, l'épargnant choisit entre le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) historique (35 %, 15 %, 7,5 % selon l'ancienneté) et l'imposition au barème de l'impôt sur le revenu. Pour les primes versées à partir de cette date, l'assureur applique par défaut le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 12,8 % avant 8 ans et 7,5 % au-delà (dans la limite de 150 000 € de primes nettes), avec faculté d'opter chaque année pour le barème. L'arbitrage entre option forfaitaire et option barème dépend de la tranche marginale d'imposition du foyer et de la composition de ses autres revenus de capitaux.
Avertissement. Cet article a une vocation pédagogique et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les seuils, abattements et taux cités sont ceux applicables au 1er janvier 2026. Avant tout rachat ou exercice d’option, vérifiez votre situation avec votre assureur, votre conseiller en gestion de patrimoine inscrit à l’ORIAS ou un avocat fiscaliste, et consultez la documentation officielle impots.gouv.fr et le BOFiP.
La fiscalité des produits d’assurance-vie a profondément changé en 2018 avec l’introduction du prélèvement forfaitaire unique (PFU), sans pour autant effacer l’ancien régime du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL). Selon France Assureurs, plus de 38 millions de contrats d’assurance-vie sont en cours en France, dont une majorité comporte à la fois des versements antérieurs et postérieurs au 27 septembre 2017. À chaque rachat, le souscripteur est donc confronté à un arbitrage : laisser appliquer le taux forfaitaire (PFL ou PFU selon les versements) ou opter pour le barème de l’impôt sur le revenu. Ce guide précise les règles, les seuils et les cas pratiques pour décider.
Comprendre PFL, PFU et option pour le barème de l’IR
Le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) est l’ancien régime d’imposition à taux fixe des produits d’assurance-vie, codifié à l’article 125-0 A du Code général des impôts[1]. Lorsqu’il est exercé, l’assureur prélève l’impôt à la source au moment du rachat et reverse le net au souscripteur ; le contribuable n’a plus à déclarer ces produits ni à les soumettre au barème. Le terme « libératoire » désigne précisément cette extinction de la dette fiscale.
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), instauré par la loi de finances pour 2018, applique un taux global de 30 % aux revenus du capital, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. En assurance-vie, ce PFU est partiellement assoupli après huit ans, comme nous le verrons. Le PFU est codifié à l’article 200 A du Code général des impôts.
L’option pour l’imposition au barème de l’impôt sur le revenu, parfois appelée « option IR » ou « option pour le barème », consiste à renoncer au prélèvement forfaitaire et à intégrer les produits dans le revenu global du foyer, qui sera taxé selon les tranches marginales (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %). Cette option est globale, exercée chaque année dans la déclaration de revenus, et porte sur l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières du foyer fiscal, pas seulement sur les produits d’assurance-vie.
Régime applicable aux primes versées avant le 27 septembre 2017
Pour les produits issus des primes versées avant le 27 septembre 2017, l’ancien régime du PFL reste applicable, par choix de l’épargnant lors du rachat. Les taux sont dégressifs selon l’ancienneté du contrat à la date du rachat. Avant 4 ans, le PFL est de 35 %. Entre 4 et 8 ans, il tombe à 15 %. Au-delà de 8 ans, il est de 7,5 %, et s’applique après l’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € selon que le foyer est composé d’un célibataire ou d’un couple soumis à imposition commune.
Si le souscripteur n’opte pas pour le PFL, les produits sont imposés au barème de l’impôt sur le revenu, intégrés à la déclaration et soumis aux tranches marginales applicables. Le choix doit être effectué auprès de l’assureur au moment du rachat, par formulaire ou par mention dans la demande de rachat. La position adoptée à cette date est définitive pour l’opération concernée.
Les prélèvements sociaux à 17,2 %, eux, sont dus indépendamment de l’option fiscale. Pour le fonds en euros, ils sont prélevés annuellement au fil de l’eau, et donc déjà acquittés à hauteur des intérêts capitalisés. Pour les unités de compte, ils sont prélevés lors du rachat sur la part de produit comprise dans le rachat. La régularisation des prélèvements sociaux détaillée par l’AMF peut conduire à un crédit en faveur du souscripteur si les marchés ont baissé.
Régime PFU des primes versées depuis le 27 septembre 2017
Pour les produits issus des primes versées à compter du 27 septembre 2017, le PFU s’applique par défaut. Avant 8 ans de détention du contrat, l’impôt sur le revenu est forfaitisé à 12,8 %. Au-delà de 8 ans, le taux est réduit à 7,5 % sur la fraction des produits correspondant à un encours net de primes inférieur ou égal à 150 000 € par souscripteur, tous contrats confondus, et reste à 12,8 % au-delà de ce seuil. Cette dualité de taux est l’une des subtilités les plus délicates à appréhender du régime issu de la loi de finances pour 2018.
Le seuil de 150 000 € s’apprécie sur les primes nettes versées, c’est-à-dire les versements diminués des rachats déjà effectués. Il est commun à l’ensemble des contrats détenus par le souscripteur, ce qui impose un calcul d’allocation prorata temporis dans la déclaration de revenus. L’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € s’applique avant l’application du PFU au taux réduit. Le détail méthodologique est explicité dans le BOFiP, base documentaire de référence de l’administration fiscale.
L’option pour le barème de l’IR reste possible, mais elle est globale et annuelle : si vous l’exercez, elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières du foyer (dividendes, intérêts, plus-values, produits d’assurance-vie). Ce caractère global empêche d’opter sélectivement pour le seul rachat d’assurance-vie, et impose donc une simulation comparée avant exercice. Notre guide général de la fiscalité de l’assurance-vie rappelle l’ensemble du cadre applicable.
Quand choisir l’option barème plutôt que le PFL ou le PFU
L’arbitrage repose sur une comparaison arithmétique entre la tranche marginale d’imposition (TMI) du foyer et le taux forfaitaire applicable. Cinq cas pratiques permettent d’éclairer la décision.
Foyer non imposable (TMI 0 %). L’option pour le barème ramène l’impôt à zéro, alors que le PFU prélèverait 7,5 % ou 12,8 % de manière définitive. L’option est presque toujours pertinente, sauf si elle déclenche une imposition collatérale sur d’autres revenus du capital habituellement neutralisés.
TMI à 11 %. Avant 8 ans, l’option barème (11 %) reste légèrement plus avantageuse que le PFU (12,8 %). Après 8 ans, le PFU à 7,5 % est plus favorable que la TMI de 11 %, sauf lorsque les autres revenus du capital du foyer sont nuls ou que l’abattement annuel absorbe une grande part des produits.
TMI à 30 %, 41 % ou 45 %. Le PFL à 7,5 % après 8 ans et le PFU à 7,5 % restent toujours préférables au barème. L’option barème est à éviter, sauf situation particulière de moins-values importantes sur le portefeuille de capitaux mobiliers du foyer.
Contrats anciens avec versements pré-2017 importants. Si l’essentiel de vos produits proviennent de primes versées avant le 27 septembre 2017, le PFL historique à 7,5 % après 8 ans reste applicable et constitue souvent le régime le plus simple et le plus efficace.
Personnes non imposables avec autres revenus de capitaux faibles. L’option globale ne pénalise pas, et permet de récupérer par voie de crédit d’impôt le PFU déjà prélevé à la source par l’assureur. Le détail des modalités est rappelé par impots.gouv.fr et par la Direction générale du Trésor.
Modalités pratiques d’exercice de l’option lors du rachat
Lors de la demande de rachat partiel ou total auprès de l’assureur, le souscripteur indique le régime fiscal souhaité pour les produits issus des primes pré-2017, en cochant la case « prélèvement forfaitaire libératoire » ou « imposition au barème de l’IR ». Cette option est ferme pour l’opération. Pour les produits issus des primes post-2017, le PFU s’applique automatiquement et la case « option barème » n’est pas exercée auprès de l’assureur.
L’année suivante, lors de la déclaration de revenus, l’assureur adresse au souscripteur un imprimé fiscal unique (IFU) récapitulant les produits taxables et les prélèvements déjà acquittés. Le contribuable reporte ces montants dans la déclaration n° 2042 ou n° 2042 C. Pour exercer l’option globale pour le barème, il coche la case 2OP de la déclaration : ce choix vaut pour l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières du foyer pour l’année concernée.
Le prélèvement forfaitaire déjà acquitté à la source agit alors comme un acompte ou un crédit d’impôt. L’administration fiscale impute l’acompte sur l’impôt calculé selon le barème ; en cas d’excédent en faveur du contribuable, il est restitué par virement. La procédure de déclaration et la case 2OP sont décrites par service-public.fr et confirmées par le BOFiP, référence opposable à l’administration.
Cas particuliers et bonnes pratiques
Coexistence de versements pré et post-2017 dans un même contrat. L’assureur procède à une ventilation comptable des produits selon la date des primes. Sur l’IFU, les montants taxables sont distingués par régime, ce qui permet l’application correcte du PFL ou du PFU. Le souscripteur n’a pas à effectuer ce calcul ; il vérifie cependant la cohérence des montants déclarés.
Rachats programmés et planification. Pour un retraité dont l’objectif est de compléter ses revenus, il peut être judicieux d’étaler les rachats sur plusieurs années afin de maximiser l’utilisation annuelle de l’abattement de 4 600 € ou 9 200 €, et de calibrer la tranche d’imposition retenue. L’arbitrage entre PER et assurance-vie peut éclairer une stratégie patrimoniale globale.
Sortie en rente. En cas de sortie en rente viagère, le régime n’est pas le PFU ni le PFL mais le régime de la rente viagère à titre onéreux, avec une fraction imposable variable selon l’âge du crédirentier au premier versement (70 %, 50 %, 40 %, 30 %). Cette option est rarement choisie en pratique.
Changement de situation familiale. Mariage, divorce, naissance d’un enfant : la composition du foyer fiscal et donc l’abattement annuel et la tranche marginale peuvent évoluer. Une simulation annuelle est recommandée avant tout rachat important. Pour les contribuables non imposables, la dispense de prélèvement forfaitaire à la source peut être demandée à l’assureur sous condition de revenu fiscal de référence.
Articulation avec la transmission. Le régime fiscal du rachat (PFL, PFU ou barème) ne concerne que les produits perçus du vivant du souscripteur. La fiscalité de la transmission au décès, articulée autour des abattements de 152 500 € et 30 500 €, obéit à des règles distinctes, codifiées aux articles 990 I et 757 B du Code général des impôts.
Conseil pratique. Avant un rachat significatif, demandez à votre assureur une simulation chiffrée comparant le PFU, le PFL applicable aux versements anciens et l’option barème selon votre TMI. Conservez l’IFU et la copie de la déclaration : ces pièces font foi en cas de contrôle fiscal ou de réclamation auprès du conciliateur fiscal.
Approfondir
- Guide complet 2026 de l’assurance-vie
- Fiscalité de l’assurance-vie 2026
- Prélèvements sociaux 17,2 %
- Rachat partiel ou total
- Abattement 4 600 € et 9 200 € après 8 ans
Notes et références
- [https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041472385/](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041472385/) - Article 125-0 A du CGI.
- [https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044989424/](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044989424/) - Article 200 A du CGI (PFU).
- BOFiP, doctrine BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, régime des produits d'assurance-vie.
- [https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F22414](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F22414) - Service-public.fr, imposition des intérêts d'une assurance-vie.
- [https://www.impots.gouv.fr/particulier](https://www.impots.gouv.fr/particulier) - impots.gouv.fr, fiscalité des particuliers.
- [https://www.economie.gouv.fr/particuliers/fiscalite-revenus-capital](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/fiscalite-revenus-capital) - Bercy, fiscalité des revenus du capital.
- [https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants](https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants) - AMF, espace épargnants.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre PFL et option IR en assurance-vie ?
Quelle option choisir si je suis dans la tranche d'imposition à 11 % ?
L'option pour le barème de l'IR concerne-t-elle aussi les prélèvements sociaux ?
Comment l'option pour le barème de l'IR se demande-t-elle lors d'un rachat ?
PFU à 7,5 % ou option IR après 8 ans : quel est le seuil de bascule ?
Comment cet article a été vérifié
- 6 sources officielles citées (AMF, ACPR, FFA, Banque de France, Notaires de France, Légifrance, impots.gouv.fr, Bercy).
- Rédigé par Claire Lefebvre, Conseillère en Gestion de Patrimoine indépendante (CGPI), certifiée AMF.
- Dernière revue éditoriale : 9 juin 2026. Mises à jour chiffrées en continu (taux servis fonds euros, abattements fiscaux, plafonds CGI).
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