Sortie en capital PER ou assurance-vie : que choisir pour la retraite en 2026
Sortie en capital PER vs assurance-vie en 2026 : fiscalité des versements déductibles, PFU, abattement 4 600 ou 9 200 €, comparatif chiffré et choix selon votre TMI.
Sortir en capital d'un PER reste possible depuis la loi Pacte de 2019, mais la fraction des versements déductibles est taxée au barème de l'impôt sur le revenu, tandis que l'assurance-vie de plus de huit ans bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 ou 9 200 € puis d'un taux de 7,5 ou 12,8 %. Pour un retraité, l'assurance-vie l'emporte le plus souvent en sortie capital, sauf TMI très basse.
Avertissement. Cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil patrimonial. Le choix entre PER et assurance-vie pour la sortie en capital dépend de votre tranche marginale d’imposition, de votre horizon de retraite et de votre objectif (revenu ou transmission). Consultez un Conseiller en Gestion de Patrimoine inscrit à l’ORIAS avant tout arbitrage significatif.
Le PER individuel a franchi le cap des 100 milliards d’euros d’encours fin 2025 selon France Assureurs[1], alors que l’assurance-vie reste le pilier de l’épargne longue avec près de 1 989 milliards d’euros. À l’âge de la retraite, beaucoup d’épargnants détiennent les deux et hésitent : sortir en capital de quoi, et dans quel ordre ? Ce guide compare la fiscalité réelle de chaque option en 2026, avec un cas chiffré et une matrice de décision.
Sortie en capital PER : ce que la loi Pacte a rendu possible
Avant 2019, la sortie en capital d’un produit d’épargne retraite (PERP, contrat Madelin, article 83) était soit interdite, soit limitée à 20 % du capital constitué. La loi Pacte du 22 mai 2019[2] a unifié les anciens produits sous une enveloppe unique, le Plan d’Épargne Retraite, et a élargi les cas de sortie en capital pour les compartiments individuel et collectif facultatif.
Au départ en retraite, le titulaire d’un PER individuel peut désormais sortir intégralement en capital, intégralement en rente viagère ou panacher les deux. La fiche officielle du service public[3] précise les conditions et le calendrier de versement. La sortie peut être réalisée en une fois ou de manière fractionnée, par rachats successifs : c’est cette souplesse qui rapproche le PER de l’assurance-vie côté pilotage.
Le compartiment des versements obligatoires d’un PER d’entreprise (ex article 83) reste, lui, contraint à la sortie en rente. Pour ces sommes, la comparaison avec la sortie en capital de l’assurance-vie ne se pose pas. Notre article comparatif sur la rente viagère et les rachats programmés détaille les arbitrages associés.
Sortie en capital assurance-vie : le rachat comme outil universel
L’assurance-vie n’a jamais imposé la sortie en rente. Tout dénouement décidé par le souscripteur prend la forme d’un rachat, partiel ou total. Le contrat n’est pas un produit retraite au sens fiscal du terme : il reste disponible à tout moment, sans condition d’âge ni de cessation d’activité. C’est cette liquidité permanente qui fait sa force pour un retraité qui veut piloter ses prélèvements année par année.
Le rachat partiel permet de prélever exactement la somme souhaitée, en conservant le reste investi et en préservant l’antériorité fiscale du contrat. Le rachat total clôture le contrat, ce qui est rarement optimal pour qui veut continuer à bénéficier des abattements annuels. Notre dossier consacré au rachat partiel ou total détaille les démarches pratiques et la formule de calcul de la part imposable.
À la différence du PER, l’assurance-vie n’oblige à aucune option de sortie irréversible. Le souscripteur peut alterner phases de rachats et phases d’épargne. Cette plasticité est précieuse pour adapter le revenu retraite à des dépenses irrégulières (santé, aide aux proches, travaux) sans engager le capital restant.
Fiscalité de la sortie en capital PER : la facture cachée des versements déductibles
C’est l’angle mort de beaucoup d’épargnants : la sortie en capital d’un PER se découpe en deux blocs fiscaux distincts, traités séparément par l’administration[4].
Le bloc des versements déductibles. Si vous avez bénéficié de la déduction des versements de votre revenu imposable à l’entrée (cas le plus fréquent), la fraction du capital correspondant à ces versements est, à la sortie, réintégrée au revenu imposable et soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Aucun abattement spécifique, aucun PFU sur cette fraction. Ce traitement reflète la logique du PER : la déduction à l’entrée est un report d’impôt, pas une exonération.
Le bloc des plus-values. Les gains constatés sur l’épargne (fonds en euros, unités de compte) sont, eux, taxés au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). L’option pour le barème reste possible si elle est plus avantageuse, typiquement pour un foyer non imposable.
Le risque pratique est connu : sortir 200 000 € en capital sur un PER alimenté par des versements déductibles ajoute, l’année du rachat, une partie de cette somme à votre revenu imposable. Une fraction peut basculer dans la tranche à 41 % voire 45 %. C’est ici qu’apparaît l’intérêt d’un étalement sur cinq à dix ans, en sortie fractionnée, pour conserver une fiscalité moyenne plus proche de votre TMI habituelle. Notre comparatif global PER vs assurance-vie replace ces mécanismes dans la stratégie d’ensemble.
Fiscalité de la sortie en capital assurance-vie : PFU, abattement et seuil 150 000 €
Côté assurance-vie, seule la part de gains comprise dans le rachat est imposable. Le capital versé revient intact. La formule de calcul de cette part est encadrée et appliquée par l’assureur. Au-delà, le régime fiscal dépend de l’ancienneté du contrat et du montant total des versements.
Pour un contrat de plus de huit ans, les gains contenus dans le rachat bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple imposé en commun. Notre article dédié à cet abattement après huit ans détaille la mécanique et donne des exemples chiffrés. Au-delà de l’abattement, les gains sont taxés à 7,5 % d’impôt sur le revenu pour la fraction de versements (cumulés, nets de rachats) inférieure à 150 000 €, et à 12,8 % au-delà. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent en plus. Notre comparatif du PFU à 7,5 % ou 12,8 % explique le mécanisme du seuil de 150 000 €.
Pour un contrat de moins de huit ans, aucun abattement. Le PFU de 12,8 % s’applique sur les gains, ou l’option barème si vous y avez intérêt. Notre dossier sur le choix PFL ou IR précise les cas d’arbitrage.
À retenir : sur une assurance-vie de plus de huit ans, un retraité prudent peut souvent ne payer aucun impôt sur les gains rachetés, à condition de calibrer ses rachats annuels pour rester sous l’abattement. Cet effet d’optimisation, totalement absent du PER en sortie capital, est l’argument central pour faire de l’assurance-vie le pilier des prélèvements réguliers à la retraite.
Comparatif chiffré 2026 : 100 000 € sortis en capital, qui gagne ?
Prenons un cas réaliste. Un retraité, TMI à 30 %, célibataire, détient un PER individuel de 100 000 € (dont 70 000 € de versements déductibles et 30 000 € de plus-values) et une assurance-vie de 100 000 € (dont 70 000 € de versements et 30 000 € de gains), tous deux de plus de huit ans.
Sortie en capital PER (en une fois). Les 70 000 € de versements sont réintégrés au revenu imposable, qui passe ainsi en partie dans la tranche à 41 %. À supposer un taux moyen effectif de 35 % sur cette fraction, l’impôt est d’environ 24 500 €. Sur les 30 000 € de gains, le PFU de 30 % prélève 9 000 €. Total : environ 33 500 € de fiscalité, soit un net de 66 500 €.
Sortie en capital assurance-vie (en une fois). Sur 100 000 € rachetés, la part de gains représente 30 000 €. Après abattement de 4 600 €, il reste 25 400 € imposables. À 7,5 % (encours versement inférieur à 150 000 €), l’impôt sur le revenu s’élève à 1 905 €. Les prélèvements sociaux de 17,2 % sur 30 000 € atteignent 5 160 €. Total : environ 7 065 € de fiscalité, soit un net de 92 935 €.
L’écart est de l’ordre de 26 000 € en faveur de l’assurance-vie sur ce profil. Il se réduit en cas d’étalement du PER sur plusieurs années, ou pour une TMI basse. Pour un foyer non imposable, le rapport peut s’inverser : sur le PER, l’option barème prend une valeur réelle, alors que l’assurance-vie ne bénéficie déjà que d’un PFU modéré. L’arbitrage exact suppose un simulateur intégrant les autres revenus, la composition du foyer et les abattements de droit commun.
Quelle stratégie selon votre profil
Trois cas typiques se dégagent dans la pratique des CGPI.
Retraité TMI élevée (30 %, 41 %, 45 %). Privilégier l’assurance-vie pour les prélèvements réguliers, en saturant chaque année l’abattement de 4 600 ou 9 200 €. Conserver le PER pour des besoins ponctuels (résidence principale, projet immobilier) ou pour la transmission anticipée. Étaler toute sortie capital PER sur plusieurs années si elle est nécessaire.
Retraité TMI modérée (11 %). L’écart se resserre. La sortie capital PER peut être pertinente si elle finance un projet (résidence principale, travaux) et si l’étalement maintient la TMI. L’assurance-vie reste prioritaire pour le revenu régulier, à condition d’avoir saturé les abattements annuels.
Foyer non imposable. Le calcul s’inverse partiellement. Sortir le PER en capital, en option barème, peut se faire à fiscalité quasi nulle sur les versements. Les gains au PFU coûtent encore 30 %, sauf option barème également avantageuse. Pour l’assurance-vie, les prélèvements sociaux restent dus, et c’est souvent eux qui dominent la facture. Notre guide complet PER vs assurance-vie propose une matrice détaillée selon votre TMI.
L’AMF rappelle régulièrement[5] qu’aucune solution n’est universellement supérieure : le bon arbitrage dépend de la durée de détention prévue, du besoin de liquidité et de l’objectif final (revenu, projet, transmission). L’ACPR contrôle pour sa part les pratiques commerciales des distributeurs[6].
Rappel de prudence. Toute sortie significative en capital, sur un PER comme sur une assurance-vie, mérite un calcul préalable d’impact fiscal et patrimonial. Faites établir une simulation chiffrée par votre conseiller, en tenant compte de vos autres revenus de l’année, des abattements disponibles et de votre objectif à 5 et 10 ans.
Approfondir
- PER vs assurance-vie : que choisir pour la retraite
- Rachat partiel ou total d’une assurance-vie
- Abattement 4 600 ou 9 200 € après 8 ans
- PFU 7,5 % ou 12,8 % et seuil 150 000 €
- Rente viagère ou rachats programmés
- Guide complet 2026 de l’assurance-vie
Notes et références
- [https://www.franceassureurs.fr/](https://www.franceassureurs.fr/)
- [https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038496102](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038496102)
- [https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34982](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34982)
- [https://www.impots.gouv.fr/particulier](https://www.impots.gouv.fr/particulier)
- [https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants](https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants)
- [https://acpr.banque-france.fr/](https://acpr.banque-france.fr/)
Questions fréquentes
Peut-on toujours sortir en capital d'un PER en 2026 ?
La fiscalité de sortie est-elle plus douce sur une assurance-vie ?
Faut-il sortir en une fois ou en plusieurs rachats ?
Le PFU à 30 % s'applique-t-il aux gains du PER ?
Et la transmission après le décès, quel régime gagne ?
Comment cet article a été vérifié
- 7 sources officielles citées (AMF, ACPR, FFA, Banque de France, Notaires de France, Légifrance, impots.gouv.fr, Bercy).
- Rédigé par Claire Lefebvre, Conseillère en Gestion de Patrimoine indépendante (CGPI), certifiée AMF.
- Dernière revue éditoriale : 18 juin 2026. Mises à jour chiffrées en continu (taux servis fonds euros, abattements fiscaux, plafonds CGI).
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